Le roi Harald V de Norvège s’est éteint ce vendredi 28 août à l’âge de 89 ans. Le palais royal d’Oslo a annoncé sa mort avec une profonde tristesse, survenue à 6h35 à l’hôpital universitaire d’Oslo. La Norvège entière est en deuil et pleure un souverain qui aura marqué l’histoire du pays pendant plus de trois décennies.
Hospitalisé depuis le 17 août pour une anémie hémolytique, une maladie où les globules rouges sont détruits plus vite qu’ils ne se renouvellent, le monarque avait vu son état devenir « extrêmement grave » jeudi. Sa famille s’était précipitée à son chevet. Le prince héritier Haakon aurait veillé toute la nuit auprès de son père.
Le roi Harald V, un souverain profondément aimé des Norvégiens
Véritable figure rassembleuse, Harald V était le plus vieux monarque régnant d’Europe. Son accessibilité et sa simplicité lui avaient valu une popularité exceptionnelle. Les Norvégiens voyaient en lui un roi proche de son peuple, loin des protocoles rigides.
Dès l’annonce de sa disparition, des centaines de citoyens se sont rassemblés devant le palais royal. Des fleurs, des bougies et des mots d’adieu ont été déposés par des anonymes émus. Le drapeau royal en berne flottait au-dessus de la résidence officielle, symbole d’un pays tout entier en deuil national.
- 1991
Harald V monte sur le trône après la mort de son père Olav V. Il prête serment devant le Parlement.
- 2011
Après les attentats d'Oslo et d'Utøya, il déclare que la liberté est plus forte que la peur.
- 2016
Pour ses 25 ans de règne, il prononce un discours en faveur de l'inclusion, salué dans le monde entier.
- 2024
Hospitalisations à répétition, pose d'un pacemaker. Il refuse toujours l'abdication.
- 2026
Les scandales familiaux éclatent et la popularité de la monarchie chute à 60%.
- 28 août 2026
Le roi s'éteint à l'hôpital universitaire d'Oslo, entouré de sa famille.
Un destin olympique et sportif hors du commun
Le roi Harald V n’était pas un monarque confiné dans son palais. Passionné de voile, il a représenté la Norvège à trois reprises aux Jeux olympiques. Une performance unique pour un chef d’État. Il aimait aussi la pêche, la chasse et le ski, vivant pleinement sa passion pour la nature scandinave.
Sa stature grande et solide impressionnait. Derrière des traits austères se cachait pourtant un humour vif et une chaleur humaine que nombreux étaient ceux qui louaient. Ces qualités ont fait de lui un roi accessible, presque ordinaire, malgré son rang.
35 ans de règne marqués par l’unité et le progressisme
Arrivé sur le trône en 1991, Harald V avait fait de l’unité nationale sa priorité. Son serment devant le Parlement, il le rappelait souvent, était un engagement à vie. Il avait d’ailleurs toujours écarté l’idée d’une abdication, malgré des problèmes de santé récurrents.
Dans les moments difficiles, le souverain savait trouver les mots justes. Après les attentats du 22 juillet 2011 qui avaient fait 77 victimes, il avait déclaré : « Je crois fermement que la liberté est plus forte que la peur. » Ces paroles ont marqué les esprits et contribué à apaiser une nation meurtrie.
Un discours devenu culte pour les valeurs progressistes
En 2016, pour ses 25 ans de règne, Harald V avait prononcé un discours vibrant d’ouverture d’esprit. « Les Norvégiens sont des filles qui aiment les filles, des garçons qui aiment les garçons, et des filles et des garçons qui s’aiment mutuellement », avait-il affirmé.
Il avait ajouté : « Les Norvégiens croient en Dieu, en Allah, en l’Univers et en rien. » Ces mots ont marqué un tournant dans la perception de la monarchie norvégienne, résolument moderne et inclusive. Un héritage précieux pour un pays attaché à ses valeurs démocratiques.
Les scandales familiaux, épreuve ultime d’un règne
Les dernières années du règne ont été ternies par des affaires familiales douloureuses. Sa fille, la princesse Martha-Louise, a épousé en 2024 un chamane américain, provoquant des remous médiatiques. Le roi, homme de devoir, a dû composer avec ces révélations qui heurtaient sa conception de la monarchie.
En janvier 2026, la publication de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein a révélé une amitié entre ce dernier et la princesse héritière Mette-Marit. Puis, Marius Borg Høiby, fils de Mette-Marit, a été condamné pour viol et violences. La monarchie traversait sa plus grave crise.
- 🕊️ Harald V a toujours refusé d’abdiquer, lié par son serment à vie
- 💔 Les scandales familiaux ont fait chuter la popularité de la monarchie à 60% d’opinions favorables en février 2026
- 🌍 Il a été salué comme un « véritable Européen » par Ursula von der Leyen
- ⚓ Le roi avait subi un pacemaker en 2024 après de multiples hospitalisations
- 🇫🇷 Emmanuel Macron lui a rendu un hommage appuyé sur les réseaux sociaux
Un amour contrarié devenu leçon de vie
Harald V avait lui-même connu les difficultés d’un mariage hors des sentiers royaux. Avant d’épouser Sonja Haraldsen en 1968, il avait dû patienter neuf longues années. Son père, le roi Olav, s’opposait à cette union avec une roturière.
Cette expérience douloureuse explique sans doute pourquoi il a permis à ses propres enfants d’épouser des personnes de naissance non royale. Une décision qui allait plus tard fragiliser la monarchie, mais qui témoignait de sa foi dans le choix du cœur.
Des hommages internationaux à la hauteur de l’homme
Les réactions n’ont pas tardé à travers le monde. Emmanuel Macron a exprimé sa tristesse, évoquant « l’accueil chaleureux » réservé en juin 2025 à Oslo. Le roi Charles III a partagé « le chagrin de la Norvège », soulignant les liens historiques entre les deux pays.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué un souverain qui a « servi son pays avec chaleur, humilité et un sens du devoir inébranlable ». Le roi Philippe de Belgique et la reine Mathilde ont également rendu hommage à « son humour, son humanité et son naturel ».
Une succession désormais ouverte pour la Norvège
Le prince héritier Haakon, âgé de 53 ans, va désormais succéder à son père. La transmission du trône s’annonce délicate dans un contexte de perte de confiance envers la monarchie. Les sondages récents montraient seulement 60% de Norvégiens favorables à l’institution, un niveau historiquement bas.
Le nouveau roi devra relever le défi de moderniser l’image de la couronne tout en honorant l’héritage de son père. Un équilibre complexe dans une Norvège qui évolue rapidement. La succession au trône est un moment charnière pour la monarchie norvégienne.
Le peuple norvégien, meurtri mais reconnaissant, se souviendra longtemps de ce roi lumineux qui aura incarné l’unité nationale. Son décès laisse un vide immense, mais aussi une leçon d’humanité et de dignité qui inspirera les générations futures.
Le roi est mort, les questions restent
Est-ce que le roi Harald V a vraiment participé aux Jeux olympiques ?
Oui, en voile, à trois reprises entre 1964 et 1972. C'est unique pour un chef d'État en exercice.
Pourquoi n'a-t-il jamais abdiqué malgré ses problèmes de santé ?
Il se sentait lié par son serment au Parlement, qu'il rappelait souvent. Pour lui, la fonction de roi était un engagement à vie.
Que va devenir le prince Haakon maintenant ?
Il devient roi automatiquement après la mort de son père. Son investiture n'est qu'une formalité, mais le pays attend de voir comment il gérera la crise de confiance.
Les scandales familiaux ont-ils vraiment fragilisé la monarchie ?
La popularité de la monarchie est tombée à 60% en février 2026. C'est un recul net, mais Harald V restait une figure très appréciée.
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Journaliste et rédacteur en chef d’un webzine bordelais dédié à la santé du cœur. Passionné par la vulgarisation médicale, il travaille avec des cardiologues et chirurgiens de la métropole pour publier des contenus fiables et pédagogiques.